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Logique Floue

Voyage à Boston

Ou comment manquer le métro avec son [ex-]blonde sans se fatiguer

Note aux lecteurs : Ma relation avec Vanessa est terminée. Je laisse néanmoins le texte de ce carnet de voyage inchangé pour des soucis de clarté.

Depuis que je partage ma vie avec ma séduisante copine, j'ai changé un peu de perspective sur bien des sujets. Par exemple, il n'y a pas si longtemps, je doute que j'aurais accepté de mon plein gré d'aller faire un voyage aux États-Unis, haut lieu des androïdes paranoïaques (I may be paranoid but I am not android !, disaient Radiohead). Je l'ai fait - ou plutôt nous l'avons fait. Récit de nos aventures sur fond de café gratuit en sol mineur et de snobisme chronique en do majeur.

Tu roules, tu roules et tu vois rien à l'horizon...

Le paysage tel que vu de la I-89

Nous décrétons le départ à 6h du matin. Alors que le soleil commence à peine à se pointer le bout du rayon, nous traversons Montréal, déserte, à destination du poste frontalier de Lacolle. Nous déjeûnons à Napierville, une petite ville située à quelques kilomètres de la frontière, puis, l'estomac bien rempli et le cerveau caféiné, nous nous dirigeons vers le toucher rectal réglementaire.

Au moment de traverser, le douanier se contente de nous poser quelques questions d'usage et nous laisse passer sans encombre. Moi qui m'imaginais être confronté au canon d'une carabine pompée par un obèse en uniforme criant à pleins poumons STAY IN YOUR VEHICLE !, me voilà un peu déçu... C'est fou comment on a tendance à imaginer les choses pires qu'elles ne le sont, surtout la mentalité américaine !

À ce moment, la seule destination définitive dans notre esprit est Plattsburgh, qui doit compter à peu près autant de québécois en visite que tout l'état de la Floride. Alors que nous commençons à peine à traverser l'État de New-York, je glisse comme ça que j'aimerais bien aller faire un tour du côté de Boston.

Approbation immédiate de la principale intéressée, qui se trouve derrière le volant. Seul problème en vue : nous n'avons aucune idée de la route à prendre pour y aller... Nous arrêtons donc à un kiosque d'information touristique, où j'ai ma première rencontre avec le café gratuit, fourni gracieusement ici par la chaîne de restaurants Wendy's. Une cordiale vieille dame nous donne une carte routière photocopiée et nous explique le chemin à prendre. Nous repartons un peu plus caféinés.

Après avoir roulé vers le sud sur l'I-87 pendant une trentaine de minutes, une petite ampoule s'allume dans mon esprit : nous aurions dû tourner à Plattsburgh, maintenant une trentaine de miles en arrière (nous sommes maintenant dans un pays qui ignore le système métrique, ne l'oublions pas), pour prendre le traversier qui nous amènera sur l'I-89.

Je décrète un demi-tour, furieux contre moi-même, et nous arrivons dans la ville une autre demi-heure plus tard. Un peu perdus, nous demandons notre chemin à un homme ressemblant vaguement à Stevie Wonder, qui nous répond d'une voix on-ne-peut-plus gospel go on this road untiiiiiil you see the Ferry sign. Il n'en faut pas plus pour imaginer un choeur composé de femmes noires surgir derrière lui et faire des back-vocals religieux accompagnés par un joueur d'orgue à la Gregory Charles. Peut-être avons-nous trop d'imagination...

Le marin d'eau douce

Un petit tour sur le lac Champlain (Photo : V. Boisclair)

Finalement, nous arrivons sans trop de peine à trouver le traversier selon les bonnes instructions du chanteur gospel. Seul petit problème : on doit acheter son billet en payant cash et il n'y a pas d'ATM à l'horizon où je pourrais utiliser ma Visa.

Nous rebroussons encore une fois chemin vers la station-service la plus proche, que je quitte aprèsun retrait de 60$ américains qui nous coûte 3$ de frais de service ! Avant de repartir, je me souviens de ce petit truc que je m'empresse de montrer à ma compagne et qui s'avère tout à fait à propos étant donné que nous sommes alors le 8 septembre.

Le traversier démarre et nous avons droit à une très belle vue du lac Champlain à mesure qu'il s'éloigne du quai d'embarquement. Nous montons sur la plateforme d'observation et je bavarde avec une dame qui, quelques morceaux de pain à la main, semble bien déçue que les mouettes semblent elles aussi prendre une journée de congé.

Après une dizaine de minutes de traversée sans histoire, nous redescendons à la voiture. En embarquant, nous remarquons qu'un employé du bateau appartient tout à fait au stéréotype du marin d'eau douce, chandail rayé bleu et blanc en moins. Nous rions un bon coup et notre esprit diverge encore une fois lorsque nous pensons aux choses peu catholiques qui doivent se passer entre lui et le capitaine lorsqu'ils naviguent en pleine mer (ou dans ce cas, en plein lac).

Nous entrons donc au Vermont par la grande porte et traversons des villages tous plus vinicoles les uns que les autres. Cependant, même si nous sommes tous deux majeurs dans notre pays d'origine, il semble que l'âge de la majorité soit, dans cet état, à 21 ans, ce qui fait de nous des enfants au regard de la loi. Rester sobre pour 2 jours, voilà tout un défi pour un l'universitaire que je suis maintenant !

2ème round de café gratuit et noms de ville étranges

Middlesex et Moretown ou More Sex Town ?

Après avoir roulé quelques dizaines de minutes, nous devons nous arrêter à une halte routière pour soulager nos vessies respectives, qui sont relativement sollicitées par notre caféinomanie. Le bâtiment ressemble vaguement à un gros chalet en bois rond avec à la clé un guide touristique derrière son bureau qui discute passionément avec un passant.

L'essentielle besogne achevée, je remarque deux carafes de café et la mention Free. Je ne fais ni d'une ni de deux et en prend 2 tasses, après avoir pris soin de laisser un don dans la boîte prévue à cet effet. Nous reprenons la route en buvant nonchalamment nos breuvages, dont le contenu (merci au gobelet pour cette indication) est apparamment très chaud !

L'I-89 s'étire devant nous comme un serpent d'asphalte qui se fraie un chemin à travers les montagnes. Non contente de les traverser, elle passe carrément à travers comme en témoignent les multiples falaises dynamitées à angle droit qui longent la route. Abstraction faite du ciel nuageux, on se croirait presque dans un tunnel...

Soudainement, nous remarquons un panneau qui indique l'approche de deux villes aux noms particulièrement étranges : Middlesex et Moretown. Nos esprits déjà surexcités par la caféine ne peuvent faire autrement que se demander si les villes en question ne pourraient pas plutôt s'appeler More Sex Town (fusions municipales, quelqu'un ?).

Après avoir roulé jusqu'à la frontière de l'état, nous décidons d'arrêter dîner. Nous choisissons le restaurant logique compte tenu du pays : McDonald's ! Toutefois, alors que nous pensions en trouver un à chaque coin de rue, la réalité s'avère tout autre et ils semblent avoir disparu du décor. C'est un(e) adolescent(e) plutôt louche qui nous dit que nous trouverons notre bonheur dans l'ouest du Liban. Inquiet d'avoir à traverser le conflit israélo-arabe pour aller manger, je me souviens que West Lebanon est plutôt une ville, située précisément sur la frontière du Vermont et du New-Hampshire.

Partie de Monopoly à 65 miles à l'heure

Mais quel est donc ce mystérieux chemin de fer ?

Nous reprenons la route, bien lestés de matières grasses. Je suis un peu déçu que les McDonald's américains ne proposent pas le Double Big-Mac, mais le fait de manger pratiquement 2 cartons de frites moyens à moi seul en plus de mon Big Mac modère un peu mon appétit, du moins jusqu'à notre arrivée à Boston, prévue pour 4 heures PM.

Finalement, la I-89 fusionne avec la I-93, qui doit nous conduire au coeur de Boston. Nous passons un poste de péage, puis, plus légers de 75¢, reprenons de la vitesse. Nous sommes maintenant dans le Massachussets et notre destination se rapproche de plus en plus !

Nous remarquons un autre panneau de direction, cette fois pour la ville de Reading. Comme nous sommes tous deux des accros du Monopoly, il n'en faut pas plus pour établir un parallèle entre cette ville et la case de chemin de fer du même nom sur la planche du jeu. Nous résumons à voix haute les autres chemins de fer (Pennsylvanie, B&O et... et ? voyons ! trou de mémoire collectif !). Obnubilés par ce quatrième terrain manquant, nous passons en revue les différentes propriétés à vendre sur la planche de jeu dans l'espoir que son nom s'impose à nous comme une évidence.

Quinze minutes plus tard, la seule évidence qui s'impose à nous est que quoi que l'on fasse, le nom de ce chemin de fer demeurera caché au fond de nos cerveaux ! Un peu découragé, je déclare être prêt à acheter le jeu dans le magasin de jouets le plus proche pour répondre une fois pour toutes à notre interrogation, quitte à en jouer une partie le soir venu dans notre chambre d'hôtel, qu'il nous reste encore à trouver. Heureusement, Boston se profile maintenant à l'horizon !

Le Big Dig

L'architecture particulière du Zakim Bunker Hill Bridge

Nous entrons dans la ville toujours aux prises avec notre questionnement, mais nous parvenons quand même à le mettre de côté suffisamment longtemps pour apprécier l'architecture particulière des infrastructures routières. En effet, nous roulons sur un échangeur aux voies superposées qui nous amène tout droit vers un pont suspendu qui est particulièrement inusité, le Zakim Bunker-Hill Bridge.

Devant nous, la route descend soudainement vers la raison principale qui m'a poussé à venir à Boston : le tunnel Thomas O'Neill, partie intégrante du méga-projet du Big Dig, inauguré en 2003. En effet, dans une optique de réduction de la congestion automobile qui affligeait Boston matin et soir, la construction de deux tunnels autoroutiers, de deux ponts et la démolition subséquente de l'ancienne autoroute surélevée ont été mandatés par la MBTA et les travaux ont commencé en 1991. Le résultat, vu depuis la voiture, a de quoi impressionner !

Nous ressortons du tunnel quelques minutes après y être entrés et décidons de partir immédiatement à la recherche d'une chambre d'hôtel abordable dans la partie sud de Boston.

Hey, tabarnak ! au Dunkin' Donuts

Nous prenons la sortie vers Quincy dans l'espoir que l'hôtel visible depuis l'autoroute propose des chambres dont le prix respecte notre budget. Après avoir été traumatisés par une touriste au tour de taille imposant et à la pudeur quasi-inexistante qui traverse le parking mine de rien en G-String, nous entrons dans le bâtiment en quête du tarif. La préposée à l'accueil nous annonce que la chambre la moins chère coûte 120 $ par nuit. Nous la remercions d'un sourire forcé et reprenons la route.

Poussé par un élan de logique urbaniste, je nous dirige tout droit vers le centre de congrès de la ville, situé au bord de l'eau, dans l'espoir qu'on trouve plusieurs établissements d'hébergement aux alentours. Après quelques minutes de route supplémentaires, nous en venons à la conclusion que le département d'urbanisme de la ville est tout sauf logique... Nous nous enfonçons plus profondément dans South Boston. Le quartier est joli, pas de doute, mais brille par son absence d'hôtels.

Un peu perdus, je décide de demander de l'aide. Par chance, deux motos de police sont stationnées devant un Dunkin' Donuts et leurs occupants semblent occupés à déguster leur habituel duo beigne-café à l'intérieur. Je raisonne qu'un agent de la paix doit connaître assez sa ville pour guider les touristes que nous sommes vers l'hôtel le plus proche et nous entrons.

J'aborde le policier le plus âgé du duo en lui expliquant la situation dans laquelle nous nous trouvons et lui demande poliment de l'aide. Il nous réplique d'un ton bourru que l'établissement le plus proche se trouve around the corner et m'explique sommairement comment m'y rendre. Comme je m'apprête à passer la porte en sens contraire, toujours aussi perdu, le serveur du restaurant m'adresse un Hey, tabarnak ! bien senti. De toute évidence, mon accent n'a trompé personne sur mes origines !

Contre toute attente, le serveur en question parle un français plus que correct compte tenu des circonstances et m'explique de façon plus détaillée comment me rendre à l'hôtel. Comme le mercure doit accuser pas loin de 90 degrés (en Fahrenheit, s'il vous plaît) et que l'humidité est accablante, j'achète un Coolatta à la vanille et nous rembarquons dans la voiture, décidés à nous trouver une chambre coûte que coûte.

Après être revenus sur nos pas à cause de plusieurs sens-uniques capricieux, nous parvenons finalement à nous stationner en face de ce Holiday Inn Express qui ne cesse de se dérober à nous. Mauvaise nouvelle : en raison d'un congrès, toutes les chambres sont prises... Bon prince, le préposé à l'accueil me dit d'aller faire un tour à l'autre hôtel de la bannière, une dizaine de miles plus loin. Nous reprenons la route pour être immobilisés un peu plus loin en raison d'un inexplicable bouchon de circulation en ce samedi soir.

Une fois là-bas, je suis déçu d'apprendre que le tarif de 120$ la nuit semble être un standard bostonien... Je demande à la préposée, qui a cru bon d'écrire le prix de la chambre sur un bout de papier pour que je comprenne bien (sans commentaires...), si elle connaît des hôtels abordables dans les environs. Elle nous envoie de l'autre côté de l'autoroute, où se dressent dans l'ombre 3 autres établissements. Après vérification consciencieuse, il s'avère qu'elle s'est trompée sur presque toute la ligne, puisque le tarif oscille entre l'habituel 120 $ et le déraisonnable 140 $... On m'envoie faire un tour du côté du troisième hôtel. Je saute presque de joie en apprenant que les chambres sont proposées à 90 $ par nuit mais redescend vite de mon nuage en apprenant qu'il est lui aussi sold-out... Je ressors frustré.

Je vois rouge...

... et je me calme au Red Roof Inn de Woburn (Photo : © Red Roof International Inc.)

Comme il est maintenant près de 6 heures PM et que la voiture est à un cheveu de nous servir de chambre, je décrète vouloir ressortir sur le champ de Boston et trouver n'importe quel hôtel sur la route, pour peu qu'il convienne à notre budget.

Sous un ciel orageux, nous repassons sur le Zakim Bunker Hill Bridge, cette fois en sens inverse. Après une dizaine de minutes à rouler parmi les éclairs, nous repérons un panneau indicateur pour deux autres hôtels. Excédé, je visite seulement l'un d'entre-eux pour m'enquérir de leurs tarifs et ressors encore plus frustré. Ma décision est prise : au diable Boston, ville de riches ! Nous reprenons la I-93. Je commence à me faire à l'idée : nous allons revenir au Québec cette nuit et dormir dans mon propre lit !

Un autre panneau se profile devant nous et annonce deux autres établissements : le Courtyard (par Mariott, à exclure) et le Red Roof Inn. Comme le nom ne semble pas plus prétentieux qu'il ne le faut, nous décidons d'aller y faire un tour. Sait-on jamais !

J'y entre seul, déjà prêt à en ressortir avec le pouce pointé vers le bas et une expression hostile sur le visage. J'aborde le préposé, un homme dans la cinquantaine qui se démarque par sa cordialité de ses collègues plus snobs au sud de Boston, et lui demande combien il m'en coûterait pour louer une chambre pour deux personnes. Il pianote sur son ordinateur, déjà prêt à y entrer ma réservation. Je me dis intérieurement qu'il risque d'être déçu d'avoir fait tout ça pour rien... À cet instant, il m'annonce que son tarif pour la chambre est de 80 $. Mon visage s'éclaire d'un sourire et je lui montre ma satisfaction d'un Thank god ! bien senti. Je n'avais pas encore réalisé que je tombais de fatigue...

À peine ma carte de crédit est-elle revenue dans mon portefeuille que je sors à l'extérieur pour annoncer la nouvelle à ma copine. La satisfaction est contagieuse ! Je retourne au comptoir d'accueil terminer les formalités pendant qu'elle stationne la voiture. Elle me rejoint finalement à l'intérieur et nous montons à notre chambre. Compte tenu du prix, je m'attends à moitié à trouver la chambre remplie de vermine mais il n'en est rien : elle est très propre et dispose de tout ce qui peut faire notre bonheur à cet instant : un air climatisé et une douche !

Après nous être rafraîchis un peu sous la douche, je me souviens de notre questionnement à propos du chemin de fer manquant. La réponse est toujours aussi insaisissable, donc je saisis la manette de la télé, qui propose apparament un accès à Internet, et me met à la recherche d'une image de la planche de jeu. Mauvaise nouvelle : pour avoir plus que quelques articles d'actualité en version raccourcie, nous devons débourser 10 $ supplémentaires pour avoir un véritable accès au Web...

Qu'à cela ne tienne, je prends le téléphone et appelle à la maison, persuadé que ma mère se souvient du terrain en question après nos multiples parties et qu'un interurbain reviendra sans doute moins cher que l'accès à Internet. Elle souffre comme nous d'amnésie à cet égard, mais dispose d'un ordinateur à portée de main. Après avoir cherché un peu, elle ne peut pas trouver la planche canadienne française... Toutefois, elle répond partiellement à notre question en référant à la version anglaise : apparament, ce chemin de fer est Shortline. Je la remercie et raccroche. Nous étudions un instant les variantes françaises que pourrait avoir ce nom : Petite ligne (non...), Petit chemin de fer (on se rapproche...), Petit Réseau !. Gagné ! Nous pouvons dormir en paix !

Après avoir pris un peu de repos bien mérité, nous allons souper au restaurant en face de l'hôtel puis revenons à notre chambre. Ma tête touche l'oreiller, s'y enfonce, et je m'endors quelques minutes plus tard.

Le Plateau Mont-Royal, version Boston

Le coin est joli, pas de doute !

Nous quittons l'hôtel le lendemain matin, sur le coup des 8 heures AM. Je signe la facture en constatant que l'appel interurbain de la veille a effectivement coûté moins cher que de louer l'accès à Internet sur le téléviseur par une marge mince de 2 $ ! Une note sur le comptoir m'informe que le service de déjeûner n'est plus offert à cet établissement, mais que les rafraîchissements demeurent gratuits. Nous prenons un verre de jus chacun et reprenons la route, décidés à manger à Boston.

Dans le tunnel, je décide impulsivement d'aller faire un tour du côté de Purchase Street. Une fois rendu à la surface, en plein district financier, je décide, encore plus impulsivement, de retourner sous terre, cette fois dans le Tunnel Sumner, ouvert près de 70 ans avant l'inauguration du Big Dig. Le constraste est frappant, mais tout semble encore solide !

Nous revenons dans le centre-ville de Boston par des avenues périphériques et, toujours en quête d'un restaurant, traversons un quartier qui ressemble étrangement au Plateau Mont-Royal, mais servi à la sauce américaine. Les restaurants abordables et les hôtels ne sont de toute évidence pas légion dans la ville... Faut-il être millionaire pour mener une vie décente ici ?

Allons fumer de la drogue manger !

Mais où sont donc les hippies ? (Photo : V. Boisclair)

Nous disons au-revoir à Boston et nous engageons sur la I-93 avec le but avoué de trouver un restaurant abordable pour nous remplir l'estomac. Comme la faim n'est pas encore insupportable, nous convenons d'attendre que la voiture ait besoin elle aussi de ravitaillement pour s'arrêter.

Nous dérogeons un peu à cette consigne en croisant une halte routière à la frontière du New-Hampshire; je veux savoir si cet état propose lui aussi du café gratuit aux passants ! Ce n'est pas le cas, mais je ne peux résister à nous acheter chacun un billet de loterie dans la distributrice qui se trouve devant les toilettes avec la monnaie qu'il nous reste. Je récupère ma mise (1 $), mais impossible de changer le billet... Tant pis, ça fait toujours un souvenir !

Une heure plus tard, la voiture a (finalement) besoin d'essence au moment où nous passons devant Woodstock, New-Hampshire. Si cette ville est bien l'hôte du festival de musique des années '60, je suis avide d'y fumer un peu de drogue (je plaisante, évidemment) !

Nous prenons la sortie numéro 30 et roulons sur une route tout à fait perdue, au beau milieu des montagnes. Finalement, le village de North Woodstock se profile devant nous. Nous y faisons le plein, j'échange mon billet gagnant et nous allons déjeûner. Le restaurant semble tout droit modelé d'après une cabane à sucre au point où on y trouve même de l'authentique sirop d'érable américain.

Notre serveuse devine d'après mon accent que nous venons du Canada. Note à moi-même : pratiquer ma prononciation texane la prochaine fois que je pars en voyage là-bas ! Yee-Hah !

Je suis initié à la confiture de raisins et au hachis de boeuf en conserve. Après tout, je suis ici pour découvrir un tant soit peu la culture étatsunienne et non pas pour manger exactement la même chose qu'au Canada ! Je ne suis pas déçu !

Nous retournons sur l'autoroute et roulons sans interruption jusqu'à la frontière. J'apprendrai plus tard que le festival de Woodstock s'est déroulé non pas dans la ville que je viens de quitter, mais plutôt à Bethel, dans l'état de New-York. Et moi qui voulais fumer de la drogue !..

Welcome back home, folks !

Nous passons à travers des montagnes toutes plus montagneuses les unes que les autres puis arrivons finalement à la frontière qui nous sépare du plusse beau pays au monde. Nous devons nous farcir l'air bête de la douanière de service, qui met en doute chacune de nos affirmations :

- Vous êtes allés où ?
- Boston.
- Boston ?
- Oui, Boston.
- Depuis quand ?
- Depuis hier.
- Depuis hier ?
- Oui madame.
- Avez-vous acheté quelque chose ?
- Non.
- Êtes-vous sûrs ?
- Oui...

Finalement, elle nous laisse entrer au pays sans subir de fouille intégrale.

Welcome to Canada/Bienvenue au Canada !

Est-ce que je vous ai dit que nous avons pris un nuage pour un lac dans la région des Cantons de l'Est ? D'après moi, il y avait de la drogue dans le sirop d'érable, après tout !

Album photo

Bâtiments notables

Eglise, restaurant ou les deux
Sous les cheminées, celles qui brûlent
Une initiative d'énergie propre !

De l'autoroute SVP

Bethel, la ville de New-York
Droit vers les montagnes
Enfin Boston !
Le Tunnel de l'I-93
Le pont Zakim d'un autre angle
Le trafic du samedi soir
Molson Canadian à Boston
Quelques aberrations électriques

© Simon Turcotte-Langevin, 2014

Licence CC BY-NC

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