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Logique Floue

Appleton 2010 - Carnet de voyage

Je n'avais pas pris l'avion depuis 1996, mais je me devais absolument d'aller voir le feu d'artifice Build a Dream, auquel j'avais contribué avec la séquence «Hiver» de mon spectacle gagnant Les Quatre Saisons, tiré pendant la convention PGI 2010. Aux grands maux, les grands moyens ! J'allais voler pour la première fois en 14 ans pour me rendre à Appleton, Wisconsin, afin d'y voir ma création embraser le ciel !

Index du carnet de voyage

Jour 1 - Mardi 10 août 2010

4h10 du matin - Au départ de Montréal

Sac à dos au départ de Montréal - Une paire de pantalons a été retirée pour la photo

Embraer E175 d'Air Canada Embraer E-175 similaire à celui qui m'a conduit à Chicago

Photo : Brian Bukowski, licence BY-SA.

La première moitié de mon trajet m'amènera à Chicago – O'Hare, afin d'y prendre la correspondance à destination de l'Aéroport Outagamie County[Ang.], qui dessert Appleton. Comme ce premier vol quitte l'Aéroport Pierre-Elliott-Trudeau à 7h20 et que le processus d'embarquement est réputé être long à cette période de la journée, j'arrive à l'aéroport sur le coup des 4h10, afin d'avoir pas moins de trois heures pour franchir tous les contrôles pré-embarquement à temps.

Étant donné que le voyage ne doit durer que trois jours, j'ai décidé de ne pas m'encombrer d'une valise et de compacter tous mes effets dans le sac qui contient habituellement ma caméra et mes objectifs. Évidemment, mon trépied doit voyager séparément dans son propre étui, mais j'ai la ferme intention de l'apporter lui aussi en cabine, car les passagers ont droit à deux bagages à main. Cependant, il semble que le trépied puisse être considéré comme une arme par certains agents de sécurité et qu'il doive ainsi voyager dans la soute dans ce cas. Je n'y tiens pas particulièrement, et espère ne pas tomber sur un agent paranoïaque.

Depuis mon dernier voyage, le billet électronique a supplanté le billet papier, et, conséquemment, j'ai un peu de difficulté avec l'appareil d'enregistrement libre-service. Heureusement, un agent d'Air Canada m'aide à faire les démarches requises, et je suis rapidement en possession de mes deux cartes d'embarquement (une par section du vol).

Contrairement à mes craintes, le trépied passe sans encombre au contrôle de sécurité, tout comme le reste de mon équipement et ma propre personne. Voilà un problème de moins en perspective !

L'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau dispose d'un poste de douane américaine pré-embarquement, afin d'éviter d'avoir à faire ces formalités à l'arrivée. À ma grande surprise, le douanier est extrêmement sympathique, et semble partager mon enthousiasme pour la pyrotechnie. Me voilà donc autorisé à poser le pied en sol américain, avec deux heures à tuer avant l'embarquement...

Finalement, vers les 7h20, mon avion, un Embraer E-175[Ang.], s'élance de la piste 24-Gauche (à ma grande surprise d'ailleurs, étant donné que la 24-Droite est généralement utilisée) et grimpe à toute vitesse vers son altitude de croisière - 39 000 pieds (11 887 m).

Escale et arrivée à Appleton

Plan de l'aéroport Chicago O'Hare - Utile, compte tenu des nombreuses pistes empruntées !

Source : FAA, domaine public

Nous atterrissons sur la piste 10 avec cinq minutes de retard dues à la congestion dans le ciel de Chicago. Pas de quoi m'inquiéter : mon prochain vol ne décolle qu'à 10h07 (heure centrale), et j'ai donc 1h30 de battement.

J'en profite pour faire nettoyer et cirer mes chaussures, qui portent encore les traces de ma rencontre avec la rive boueuse des berges de la Rivière des Mille-Iles pendant ma visite des rampes de lancement du Grand Feu Bleu 2010 il y a deux jours. L'employé a un tel accent que j'ai quelques difficultés à comprendre ce qu'il me dit, mais je crois comprendre que j'ai besoin de nouvelles chaussures, car celles-ci sont vraiment trop endommagées. Au moins, elles sont plus propres au départ du kiosque qu'à l'arrivée !

Vers 9h50, l'embarquement débute pour la deuxième et ultime partie de mon voyage. Ma carte d'embarquement pour ce vol, qui provient de Montréal, ne dispose pas du numéro de la section de l'avion, qui sert à simplifier le processus en faisant embarquer les passagers de l'avant vers l'arrière. Heureusement, l'employé d'United Express m'indique que je dois me présenter à l'appel de la section 2, qui se fait presque aussitôt.

Le deuxième avion, un Embraer 145, étonne par sa configuration 2-1 plutôt étroite, mais ses petits turboréacteurs Rolls-Royce AE 3007A sont plus que suffisants pour lui permettre, après une vingtaine de minutes d'attente, de s'arracher du sol de la piste 9-Droite.

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, l'appareil entame sa descente vers Appleton. Comme il a volé bien moins haut que celui qui m'a amené à Chicago, il touche très rapidement terre sur la piste 3. Me voici arrivé !

Diverses attentes et premier tour à Appleton

Rampes de lancement le mardi 10 août (côté 1.3G)

J'entre dans l'aéroport d'Appleton vers 11h30, mais je n'ai réservé ma voiture de location qu'à partir de 13h. Je décide néanmoins d'aller vérifier si ma voiture est arrivée, après avoir copieusement déjeûné d'un sandwich BLT. Il est vrai qu'on a déjà vu déjeûner plus santé, mais malheureusement le restaurant de l'aéroport ne sert plus le repas le plus important de la journée à cette heure.

Pas de chance : il n'y a plus une seule auto disponible chez le locateur, et j'en suis quitte pour espérer que ma voiture arrive effectivement à l'heure prévue. Non seulement la précédante cliente arrive-t-elle vers 12h50, mais une employée arrive alors tout droit du concessionnaire avec une Dodge Avenger flambant neuve pour pallier au manque de voitures. Comme la Chevrolet Aveo que j'avais louée n'est pas disponible, j'ai droit à une mise à niveau gratuite vers l'Avenger; on ne s'en plaindra pas !

Maintenant que j'ai une voiture, je me dirige vers mon hôtel, où l'on m'apprend que je devrai attendre jusqu'à au moins 15h avant que ma chambre ne soit prête. J'appelle Ed Vasel, le responsable du concours de design que j'ai remporté, et décide que, faute d'une chambre d'hôtel, je prendrai immédiatement le chemin des rampes de lancement pour y passer l'après-midi.

J'arrive au Wisconsin International Raceway, le site utilisé pour effectuer les mises à feu, et me mets à la recherche de M. Vasel, que je n'ai encore jamais rencontré. Chemin faisant, je demande à un responsable de la sécurité s'il sait où se trouve l'équipe de Dominators Fireworks, et il me répond No, but I love your accent ! Très drôle !

Imperméabilisation de classe militaire

Effets de calibre professionnel avant le chargement

Finalement, je parviens à trouver l'équipe de Dominator Fireworks sur les rampes de lancement dédiées aux produits professionnels (catégorie 1.3G). En effet, le programme de la soirée du 11 août stipule que Dominator présentera deux spectacles : Build a Dream, avec des pièces destinées aux consommateurs (catégorie 1.4G), et un spectacle de 15 minutes à grand déploiement réalisé avec des pièces professionnelles.

Comme la météo annonce un orage violent le soir du 10 août et que la plupart des mortiers ont déjà été chargés, l'équipe de Dominator est très occupée à terminer le montage et à tout imperméabiliser au moyen de bâches de plastique. Je décide de leur donner un coup de main, car je tiens à profiter de l'occasion pour prendre de l'expérience comme artificier même si je n'ai légalement pas le droit de manipuler les effets eux-mêmes. En effet, ma carte d'aide-artificier canadienne ne vaut absolument rien de l'autre côté de la frontière !

Tout au long de la soirée, l'équipe et moi disposons des bâches sur les mortiers déjà chargés. Nous tendons les feuilles de plastique au maximum avec des planches de bois pour éviter que les précipitations ne s'accumulent et que les bâches n'agissent comme des voile dans le vent et renversent les mortiers.

Eau et pyrotechnie ne font vraiment pas bon ménage; vaut mieux éviter les mauvaises surprises !

Mon premier allumage à la main


Test d'un gâteau de crossettes blanches

Plus tard, une fois que les mortiers sont convenablement imperméabilisés, je cause une certaine commotion parmi les artificiers quand je leur déclare que je n'ai jamais allumé de pièce pyrotechnique de mes propres mains. En effet, je ne me suis jamais amusé avec des «feux de dépanneur», et mes feux d'apprenti étaient mis à feu par un système électronique.

Qu'à cela ne tienne : nous avons justement deux gâteaux à tester pour le spectacle Build a Dream. En effet, il semble que la durée de leurs effets soit quelque peu variable d'un lot à l'autre, et il vaut mieux éviter les mauvaises surprises pendant le spectacle lui-même en effectuant quelques essais au préalable.

Ces gâteaux ne comportent aucune mèche accessible à l'utilisateur, seulement un connecteur prévu pour recevoir une allumette électrique. Nous contournons le problème en bricolant un système de mise à feu on-ne-peut-plus sommaire composé de deux piles «D» en série, qui fourniront assez de courant pour déclencher l'allumette électrique utilisée.

Toutefois, en plus des gâteaux, Ed Vasel a apporté un assortiment de bombes de 1.75", le plus gros calibre d'artillerie rechargeable disponible pour les consommateurs, afin que je puisse avoir la satisfaction d'allumer moi-même de véritables pièces aériennes.

Malgré la petite taille de ces bombes, leur décollage est tout aussi décoiffant qu'une pièce conventionnelle, et leur effet a une taille plus que respectable. Je peux maintenant affirmer avoir déjà allumé des feux d'artifices à la main !

Par ailleurs, les gâteaux s'avèrent tout à fait conformes à leur spécification. Le spectacle du lendemain reçoit le feu vert des principaux intéressés. Je m'endors une heure plus tard à mon hôtel, et je rêve de feux d'artifices. Quelle surprise !

Jour 2 - Mercredi 11 août 2010

Mauvaise surprise au réveil

Camion qui contient le spectacle 1.4G et qui garde heureusement les pièces au sec

La veille au soir, j'ai réglé mon réveille-matin à 8h, afin d'avoir le temps de déjeûner à l'hôtel et d'arriver sur les rampes de lancement le plus tôt possible. Toutefois, l'orage qui frappe Appleton aux petites heures du matin provoque une panne d'électricité momentanée, et mon horloge se remet donc à zéro pendant la nuit.

Sans réveil-matin pour me tirer de mon sommeil, je sors de mon lit vers les 9h. À cette heure, le déjeûner n'est plus offert à l'hôtel, et je suis en retard d'une heure sur mon programme. Je décide d'appeler Ed Vasel pour l'informer de mon retard, et c'est à ce moment que la mauvaise nouvelle frappe.

En effet, non seulement l'orage a-t-il causé une courte panne électrique, mais les quelques 60 mm de pluie qui sont tombés en quelques heures ont provoqué la crue de deux rivières qui ceinturent les rampes de lancement. Comme celles-ci sont placées au milieu des eaux en furie, elles ont été inondées sous pas moins d'un mètre d'eau à certains endroits.

Malgré toutes nos précautions de la veille, nul ne pouvait prévoir que l'eau que nous redoutions tant ne viendrait pas du haut, mais bien du bas. Le spectacle de pièces professionnelles est donc presque complètement ruiné, et des rapports contradictoires font état de l'annulation des spectacles prévu ce soir (incluant le mien), voire de l'annulation pure et simple de la convention. Non seulement le site de mise à feu est-il sous l'eau, mais la crue a aussi endommagé la route qui y mène, si bien que les artificiers qui étaient déjà sur le site y sont coincés le temps qu'on la répare ou qu'on les évacue.

Je raccroche la mort dans l'âme, et décide de prendre tout de même le chemin du restaurant. Pour parer à la catastrophe, mieux vaut ne pas avoir l'estomac vide.

Un après-midi passé à jouer au vendeur

Will Harvey, moi et Chris Hondl au kiosque de Finale | Fireworks

Alors que les pompiers d'Appleton interdisent l'accès aux rampes de lancement, plusieurs participants à la convention se précipitent à l'hôtel Radisson Paper Valley, où se déroulent les séminaires et où sont installés les kiosques des divers vendeurs et exposants. En effet, il s'agit de la seule place où il est encore possible d'avoir des nouvelles sur ce qui se passe au Wisconsin International Raceway...

Tant qu'à tourner en rond sans but précis au Radisson en attendant que les organisateurs adoptent une position officielle sur l'annulation ou le report des spectacles, je suis le conseil d'Ed Vasel et vais au kiosque de Finale | Fireworks, le logiciel de simulation pyrotechnique qui commandite en partie le concours de design que j'ai remporté.

Les deux fondateurs, Will Harvey et Chris Hondl, sont fort affairés à servir des clients potentiels, et nous parvenons à faire les présentations en quatrième vitesse. Ils me demandent si j'ai le temps de leur donner un coup de main en présentant le logiciel avec eux. Comme mon autre alternative est de retourner à mon hôtel et ne rien faire de l'après-midi, et surtout parce que j'adore parler en public et que je tiens aussi à rendre service à ces deux entrepreneurs qui m'ont permis d'être à Appleton, j'accepte leur offre et me retrouve à faire la promotion de leur logiciel pour le reste de l'après-midi.

En ma qualité de gagnant du concours de design de Dominator Fireworks, j'attire l'attention d'Albert Unis, dont la fille Chelle est la propriétaire de Sisters Brand Fireworks, une jeune compagnie de feux d'artifices à l'usage des consommateurs. Albert se cherche un concepteur pour un spectacle pyromusical de classe 1.4G présenté dans le cadre de la prochaine convention de la National Fireworks Association, et le fait que j'aie déjà une victoire à mon actif dans un tel concours lui inspire confiance.

Je vais souper avec son équipe, et l'affaire est rapidement conclue. Je retournerai donc aux États-Unis afin de présenter un autre spectacle de ma conception dans quatre semaines. Wow !

À force de parler tout l'après-midi, je vais me coucher en soupçonnant que je me réveillerai avec une extinction de voix le lendemain !

Jour 3 - Jeudi 12 août 2010

Retour aux rampes de lancement

Michael Kroeger, co-concepteur du spectacle, occupé à relier les modules à la console de tir

Pour une fois, le radio-réveil fonctionne correctement, mais je n'en ai pas besoin. Je me réveille à 7h30 tapantes, ce qui est plus que suffisant pour aller me chercher de quoi manger au lobby de l'hôtel. J'ai aussi quelques démarches à faire avec ma compagnie aérienne, car ma réservation initiale prévoyait que je prenne mon vol de retour à 16h, mais les astres s'alignent pour que les spectacles annulés la veille soient présentés ce soir. Or, si je suis dans l'avion à ce moment, je manquerai la principale raison de ma présence à Appleton !

Une fois délesté de pas moins de 150$ par United Express pour transférer ma réservation au lendemain (tout de même le tiers du prix de mon billet aller-retour), je me dirige vers le Wisconsin International Raceway pour donner un coup de main à l'équipe de Dominator.

Grâce au travail ardu de nettoyage, il ne reste presque plus de traces de l'inondation de la veille, et le montage final du feu de classe 1.4G peut commencer. Faut-il le rappeler, le matériel professionnel (1.3G) a été majoritairement ruiné la veille. Heureusement, la rumeur veut qu'il reste assez de produits pour que la finale soit tout de même présentée. Qui vivra, verra, comme on dit !

Chaleur extrême et allumettes électriques

Effets raccordés au module de mise à feu

Même si la pluie a été torrentielle la veille, l'humidité de l'air n'a pas baissé du tout (ou si peu). De plus, le soleil brille de tous ses feux. Résultat : la température ressentie doit se situer aux environs de 35 à 40oC. Bref, les bouteilles d'eau sont plus que bienvenues si on veut éviter le coup de chaleur !

Par chance, le pré-montage des effets a déjà été effectué, et il ne reste plus qu'à raccorder les allumettes électriques au système de mise à feu. Toutefois, vu les quelques 32 positions de tir réparties sur 160 mètres qui composent le spectacle, il ne s'agit pas non plus d'une sinécure !

Après le dîner, plus que bienvenu, je fausse compagnie aux artificiers. En effet, je dois absolument me procurer une carte mémoire d'une plus grande capacité si je veux être capable d'enregistrer le spectacle de ce soir en haute-définition (1280x720p). Heureusement, un détaillant Best Buy local a précisément ce que je cherche, assorti d'un rabais de 40%.

À mon retour, il ne reste que quelques allumettes électriques à raccorder, puis c'est le moment de recouvrir tous les mortiers exposés de feuilles d'aluminium pour éviter les allumages intempestifs. Par la suite, le système de mise à feu vérifie toutes les allumettes électriques, qui sont, à peu d'exceptions près, toutes fonctionnelles, et le spectacle est donc prêt à être tiré dans quelques heures.

Avant le spectacle

Exemple de panneau d'artifices méchés ensemble par des enfants

Portion du terrain réservée aux enfants

Pendant qu'il y a encore du soleil et des places en haut des gradins, j'en profite pour y installer mon trépied et mettre ma caméra de niveau. En effet, en mode vidéo, il n'est pas possible de restaurer un horizon parfait en cas de mauvais alignement, et je souffre de ce que Bryan Carnathan (du site web The Digital Picture) appelle l'«Horizon-Level Deficiency», soit l'incapacité à placer parfaitement l'horizon de niveau...

Je vérifie et revérifie mes réglages et suis prêt à filmer. Hors, le spectacle commence dans pas moins de deux heures... Par chance, je ne suis pas seul bien longtemps : un artificier de l'équipe de Dominator se souvient qu'il a promis de me présenter Albert Knoblach, de Little Big Shots, qui a participé à l'émission Dirty Jobs pour montrer comment sont fabriquées les pièces aériennes. Je félicite chaleureusement M. Knoblach, qui fabrique tous ses effets pyrotechniques à la main, et continue à attendre...

Finalement, la soirée commence vers les 21h, avec un spectacle d'une vingtaine de minutes préparé par des enfants (avec un superviseur majeur, il va s'en dire). Tous les effets de ce spectacle sont assemblés sur une feuille de contreplaqué et leurs mèches sont mises en commun. Ainsi, avec un seul allumage, le panneau au complet est mis à feu. Évidemment, la quantité est privilégiée au détriment de la qualité, mais il s'agit d'enfants après tout, ce qui est tout de même assez impressionant !

Malheureusement pour eux, la chute d'eau pyrotechnique qu'ils ont installée ne survit pas très longtemps à la poussée des jets qui la composent : une de ses extrémités se décroche et elle se retrouve à brûler au sol. Vu le coût prohibitif d'un tel effet, c'est assez dommage de ne pas avoir pu l'apprécier pleinement !

Finalement, Build a Dream !

En attendant le spectacle, j'en suis résolu à photographier les nuages !

Build a Dream commence aux alentours de 21h40. Je suis étonné de voir à quel point le spectacle ressemble à la simulation. Évidemment, grâce à la centaine d'heures passées par Ed Vasel à simuler les divers produits Dominator, pareil résultat était prévisible, je dois l'admettre !

Le spectacle commence par «Live and Let Die», de Paul McCartney and Wings. Ce segment ainsi que le dernier sont scriptés par Michael Kroeger. Cependant, je suis d'abord et avant tout venu à Appleton pour voir mon propre segment, qui est le deuxième. Vite, vite, montrez-moi la raison de ma présence, l'«Hiver» de mon concept Les Quatre Saisons !

Finalement, mon segment de deux minutes commence, puis se termine en à peine un clignement dœil. Je suis vraiment ravi de le voir prendre vie avec des vraies pièces pyrotechniques, mais j'ai à peine le temps de savourer l'instant qu'il est déjà terminé et que le spectacle continue avec un autre tableau.

Après quelques minutes, Build a Dream se conclut par des applaudissements nourris de la part du public. Même si je n'avais qu'un segment de deux minutes au programme, ces félicitations sont néanmoins extrêmement satisfaisantes ! J'entends une rumeur à l'effet qu'une femme s'est mise à pleurer pendant mon segment; si c'est véridique, je ne crois pas que je pourrais demander mieux, car il faut avoir provoqué des émotions très fortes chez les spectateurs pour engendrer une telle réaction !

Retour à l'hôtel – Dernière nuit à Appleton

Initialement, ma réservation d'hôtel ne durait que deux jours, mais il ne restait plus de chambres disponibles quand j'ai dû y ajouter une troisième nuit. Cependant, Michael Kroeger me propose de partager sa chambre pour la dernière nuit, afin de m'éviter de dormir dans la voiture.

Fatigué, je pars donc à l'hôtel avant lui, en sachant qu'il doit déminer (localiser les pièces défectueuses et les retirer) et déplacer tous les mortiers et les supports pour faire de la place pour le montage des spectacles du lendemain. Coup de chance, il loge au même hôtel que moi, donc je suis en terrain connu quand vient le moment de m'y rendre.

Comme je n'ai pas soupé, je me dirige vers le McDonald's local. Toutefois, point de Big Mac à cette heure tardive : étrangement, le menu de nuit (est-ce une spécialité américaine ? nous n'avons pas de telle ségrégration dans les plats au Québec peu importe l'heure) ne comprend pas ce hamburger fondamental. J'en ai assez, et me dirige vers l'hôtel en espérant que Michael et les autres fassent vite.

Je me retrouve à lire pendant environ deux heures, le temps qu'ils arrivent. Nous préparons un lit de fortune à même le sol avec deux couvre-lits. À mon niveau de fatigue, on ne s'encombre pas de détails; je m'endors en quelques minutes d'un sommeil profond.

Jour 4 - Vendredi 13 août 2010

Départ d'Appleton

Embraer ERJ-145 comme celui utilisé pour la liaison Appleton (ATW) à Chicago (ORD)

Source : domaine public

Je me réveille dans une chambre complètement vide à 10h. En effet, les artificiers doivent absolument terminer leur ménage pour laisser la place aux firmes qui doivent présenter leur spectacle ce soir. Je n'ai pas le temps d'aller déjeûner : je dois absolument me rendre au Radisson une dernière fois avant de prendre le chemin de l'aéroport. Je dois rendre la voiture de location à 13h, donc j'ai moins de trois heures pour profiter une dernière fois de la convention.

Je retourne donc à la table de Finale | Fireworks et j'en profite pour transférer le vidéo du spectacle de la veille à quelques personnes. J'ai aussi le temps de jouer encore un peu au vendeur, mais je dois quitter au plus tard à 12h30. En effet, les feux d'artifices des derniers jours ont laissé un résidu poudreux sur ma voiture. Comme elle est neuve, je tiens à la rendre dans le même état et je cherche donc un lave-auto.

J'entre dans l'aéroport à 13h10. Mon vol n'est que dans trois heures, mais je n'ai pas encore mangé. Je paie donc un prix exorbitant pour des doigts de poulet (encore une fois, point de déjeûner au menu), puis passe le contrôle de sécurité avec pas moins de deux heures d'avance sur mon horaire. Heureusement, grâce à un employé d'United particulièrement attentionné, j'ai un siège «hublot» pour les deux parties de mon voyage.

Mon avion, un autre Embraer 145, arrive à l'aéroport avec cinq minutes de retard, puis s'arrache de la piste 21 (qui n'est nulle autre que ma piste d'arrivée prise à l'envers) une fois que les contrôleurs aériens de Chicago lui ont trouvé un itinéraire dans le ciel congestionné.

De retour à Chicago

Bombardier CRJ-700, similaire à celui qui m'a ramené à Montréal

Photo : Brian Bukowski, licence BY-SA.

L'avion touche le sol de Chicago sur la piste 10 - du moins, c'est ce que je crois comprendre des pilotes quand je leur pose la question une fois que l'avion s'est immobilisé au terminal B. J'ai une heure et demie de battement, et il y a un McDonald's dans l'aéroport ! J'en profite donc pour commander ce fameux Big Mac qui me trotte dans la tête depuis la veille (ou très tôt ce matin, c'est selon le point de vue).

Mon dernier vol se déroule dans un avion 100% canadien : un Bombardier CRJ 700. Hors, à cause d'orages menaçants, le pilote est contraint d'attendre en file derrière une vingtaine d'autres avions, le temps que la tour de contrôle achève d'inverser le sens de fonctionnement des pistes pour permettre un décollage en toute sécurité loin des vents et des éclairs.

45 minutes plus tard, nous décollons de la piste 28 qui, si j'ai bien compris les pilotes du vol qui provenait d'Appleton, est l'opposé de la piste 10, que je viendrais tout juste d'emprunter en sens inverse. Dès le décollage, nous volons dans un nuage. Il n'en faut pas plus pour secouer l'avion dans tous les sens et de lui faire perdre de l'altitude dans ce que les voyageurs appellent communément une «poche d'air». Heureusement, à la vitesse à laquelle nous traversons le ciel de Chicago, nous avons tôt fait de mettre l'orage loin derrière nous.

Heureusement, la suite du vol s'avère moins vive en rebondissements ! Grâce à une promotion de la compagnie aérienne, nous avons même droit à une boisson alcoolisée gratuite. Voilà de quoi voyager en tout confort !

Je reviendrai reviens à Montréal

Alors que mon premier vol du voyage avait quitté le sol montréalais à partir de la piste 24-Gauche, nous atterrissons sur la 24-Droite, qui est sans contredit la piste la plus utilisée de l'aéroport. Nous faisons le tour du terminal, puis quittons l'avion en débarquant sur le sol au lieu d'emprunter une passerelle comme c'est habituellement la procédure.

Après avoir traversé la moitié du terminal, j'arrive finalement aux douanes canadiennes. Je rapporte uniquement pour 100$ d'items au pays, donc le douanier me laisse passer sans histoires. Je récupère ma voiture, puis prend le chemin de la maison. Home sweet home ! Une autre nuit où je suis trop fatigué pour rêver !

Remerciements

Je tiens à remercier du fond du cœur les personnes et les organisations suivantes pour m'avoir permis de vivre cet événement unique :

© Simon Turcotte-Langevin, 2018

Licence CC BY-NC

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