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Logique Floue

3 décembre 2011 - Entrevue avec FAE Pyrotechnie

La firme FAE Pyrotechnie présente le premier feu d'artifice de l'édition 2011 des Feux sur glace Telus.

Cette année, les firmes participantes doivent choisir un dessin animé traditionnel parmi une liste de 18 et s'en inspirer pour leur spectacle.

Je me suis entretenu avec Jean-Sébastien Gagné et Pierre-Luc Chicoine, les concepteurs du feu de FAE, afin de connaître la démarche qu'ils avaient employée pour transposer leur conte, Blanche-Neige et les Sept Nains, en spectacle pyrotechnique.

Blanche-Neige, un classique de 1937 à moderniser et à adapter

Pourquoi avez-vous choisi d'adapter Blanche-Neige ?

Jean-Sébastien Gagné

Nous avons choisi six contes dans la liste en vérifiant rapidement pour chacun si la trame sonore et le thème se prêtaient bien à la pyrotechnie.

Mis à part Alice au pays des merveilles, qui était notre premier choix et qui a été assigné au Groupe Fiatlux-Ampleman, les autres thèmes présentaient tous un niveau de difficulté plus élevé.

Par exemple, bien des trames sonores étaient de mauvaise qualité en raison des techniques d'enregistrement de leur époque.

Pierre-Luc Chicoine

Aussi, certaines trames sonores se prêtent bien à leur dessin animé d'origine, mais sont beaucoup plus difficiles à transposer en spectacle pyrotechnique.

J.-S. G.

Il faut dire que même si Blanche-Neige faisait partie de nos six choix, sa trame sonore a requis un certain travail de notre part pour trouver des façons de l'adapter pour les besoins de notre feu.

Jean-Sébastien Gagné et Pierre-Luc Chicoine, les concepteurs du spectacle
Est-ce que le fait de travailler avec une trame sonore de 1938 (version française) a représenté un défi supplémentaire pour vous ?

P.-L. C.

La faible qualité de l'enregistrement original crée une différence notable avec des enregistrements plus modernes.

Par ailleurs, même la version remasterisée n'a pas une meilleure qualité sonore; seul le bruit de fond a été supprimé.

J.-S. G.

Nous avons par contre trouvé une version moderne de la chanson thème, Someday My Prince Will Come, interprétée par Tiffany Thornton.

Nous utilisons la chanson originale au début du spectacle et nous effectuerons la finale sur la version moderne, qui s'y prête mieux.

P.-L. C.

Il faut aussi souligner que la trame sonore utilise souvent les mêmes motifs musicaux et les mêmes arrangements d'une pièce à l'autre, ce qui a représenté un défi supplémentaire pour nous afin d'éviter de créer un sentiment de répétition.

Blanche-Neige : un classique à adapter en feu d'artifice
Source : Projet Gutenberg, domaine public
Compte tenu de la politique de l'événement, qui interdit les segments narratifs, comment allez-vous aider le public à comprendre l'histoire ?

P.-L. C.

Dès le départ, nous avons décidé d'inclure des extraits parlés du film dans notre trame sonore pour tenir lieu de narration tout en respectant les règles.

Pendant que nous préparions les pièces pyrotechniques, soit bien après que notre plan de tir soit établi, nous avons reçu un courriel de la Société du Vieux-Port qui nous suggérait justement cette méthode pour aider les gens à comprendre l'histoire.

J.-S. G.

Heureusement, nous avions opté pour cette approche dès le départ !

Dans le cas contraire, nous aurions dû intégrer les extraits du film sans modifier la durée de la trame sonore. En effet, les mises à feu sont synchronisées à la musique, donc il aurait fallu modifier complètement notre plan de tir...

Nous avons aussi trouvé un extrait du film mi-parlé, mi-chanté, qui nous permet également d'aider le public à comprendre où en est l'histoire.

Blanche-Neige, la conception pyrotechnique

Pour mieux cibler votre conception, avez-vous étudié le film lui-même ?

J.-S. G.

Oui, nous avons écouté le film à tour de rôle afin d'en cibler les moments forts à exploiter au moment de faire notre conception.

Bien que nous connaissions déjà l'histoire, j'avais vu le film pour la dernière fois il y a très longtemps. Une révision s'imposait !

P.-L. C.

Cette étude du film original nous a permis de comprendre les techniques narratives et la conception graphique qui ont été utilisées, ce qui nous a aidé à savoir comment les reproduire dans notre feu.

Combien de temps avez-vous investi dans votre conception pyrotechnique ?

J.-S. G.

Nous avons bouclé le plan de tir en environ 20 heures de travail réparties sur deux jours et demi.

C'était une conception-éclair par la force des choses, car tout est tombé en place au bon moment.

Heureusement que tout s'est bien passé, parce que le fait de passer les premiers ne nous donne pas le droit à l'erreur; notre conception doit être optimale le plus rapidement possible !

Comment FAE illuminera t'il le ciel montréalais ?

Quelle forme prendra votre montage sur le quai Jacques-Cartier ?

P.-L. C.

Comme l'an dernier, nous exploiterons pas moins de 11 postes frontaux de petits effets.

Nous disposerons trois postes de pièces aériennes de calibre intermédiaire (75 et 100 mm - 3 et 4 po.) à quelques dizaines de mètres en retrait des postes frontaux.

Cette année, le service des incendies de Montréal exige que nous orientions les mortiers de gros calibre (125 et 155 mm - 5 et 6 po.) vers le fleuve, par opposition à l'emplacement parallèle au Centre des Sciences que nous avions utilisé l'an dernier.

Pour assurer une meilleure symétrie de toutes les explosions, nous allons tourner les postes frontaux par rapport au public afin de former une sorte de triangle dont deux sommets sont formés de la ligne de petits effets et l'autre du poste de gros calibre.

Les 11 postes frontaux du Feu sur glace 2010 de FAE
Allez-vous utiliser de nouvelles techniques ou de nouveaux produits ?

J.-S. G.

Notre toute première séquence utilisera plusieurs effets de proximité afin de démarrer le spectacle d'une manière dynamique.

Nous avons aussi une nouvelle sélection de gâteaux de calibre professionnel qui devrait plaire à tous.

Ces produits viennent tout juste d'être homologués au Canada, donc le public montréalais aura la chance de les voir pour la première fois.

Votre feu de l'an dernier avait fait les frais de conditions météorologiques médiocres, soit un vent très faible et un taux d'humidité très élevé; êtes-vous inquiets que cette situation se reproduise cette année ?

J.-S. G.

Comme nous n'avons aucun contrôle sur la météo, notre approche se doit d'être advienne que pourra !

Il semble cependant que les spectateurs qui regardaient le spectacle depuis le Centre des Sciences, soit de l'autre côté du Quai Jacques-Cartier, ont été très peu affectés par la fumée et ont affirmé avoir eu droit à tout un spectacle !

Nous espérons tout de même que le vent souffle dans la bonne direction cette année afin que les spectateurs puissent bien profiter de notre spectacle !

Bonne chance et bon feu !

Vous en voulez plus ?

© Simon Turcotte-Langevin, 2017

Licence CC BY-NC

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