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Logique Floue

Sur les rampes avec Feux d'artifice Orion

La firme Feux d'artifice Orion en est à sa première présence sur les Quais du Vieux-Port. Avec quatre semaines de préavis, Patrick Chandonnet, le concepteur, a préparé un spectacle de 19 minutes ayant pour thème Tempête. Je me suis rendu sur les rampes de lancement à 14h précises la journée du feu pour en apprendre plus sur ce premier spectacle de l'édition 2010 des Feux sur glace Telus.

À propos de Feux d'artifice Orion et de Tempête

Patrick Chandonnet, concepteur du spectacle, avec un module de tir FireOne

Cette firme, basée au Lac-à-la-Tortue (Shawinigan) et qui fête cette année ses 10 ans, a notamment participé pour la première fois en 2010 à la compétition du Lac des Nations, à Sherbrooke, et tiré pas moins de 170 feux partout au Québec.

Patrick Chandonnet, qui en est le propriétaire et qui conçoit les spectacles, a discuté de façon informelle avec la Société du Vieux-Port de Montréal au sujet de sa participation éventuelle aux Feux sur glace Telus. Au début novembre, il a reçu la confirmation que sa firme prenait part à l'édition 2010, et qu'elle inaugurait la saison en présentant un spectacle le 4 décembre.

En environ quatre semaines, il a donc édité la trame sonore et a préparé son plan de tir afin de présenter un feu pyromusical d'une durée de 20 minutes. Toutefois, la Société du Vieux-Port de Montréal lui a indiqué que la majorité des autres firmes participantes optaient pour un spectacle d'une quinzaine de minutes; il a alors retranché une séquence de son concept original, et son script final dure précisément 19 minutes.

Cette année, les firmes participant aux Feux sur glace Telus doivent présenter un spectacle à caractère maritime. Hors, cette consigne ne figurait pas sur les documents préliminaires remis à Patrick Chandonnet, qui avait déjà édité sa trame sonore. Heureusement, après consultation auprès de la Société du Vieux-Port, la trame sonore était malgré tout parfaitement appropriée !

Pour se conformer davantage à cette exigence, Patrick Chandonnet a ajouté des bruits marins à sa trame sonore, comme le son d'une ancre et d'une corne de brume, et a opté pour le nom Tempête.

Avant même d'arriver sur les rampes de lancement, Patrick Chandonnet avait investi pas moins de 80 heures pour préparer son spectacle. Afin de ne pas manquer de temps pendant le montage, les mortiers avaient été installés la veille, le 3 décembre.

Détails techniques du spectacle

Groupe de chandelles romaines - poste avant-gauche

Console de tir FireOne

Le site du Quai Jacques-Cartier permet de tirer des pièces d'un diamètre maximal de 6 pouces (154 mm). Conséquemment, Tempête comporte plusieurs dizaines de pièces aériennes et quelques mines de ce calibre.

La finale prend la forme d'un bombardement de 150 kamuros de diamètres variant de 3 pouces (76 mm) à 6 pouces (154 mm) d'une durée de 22 secondes. Pour surprendre le public, Patrick Chandonnet a découpé cette finale en deux parties séparées par un silence de quelques secondes afin d'enchaîner respectivement une «fausse» et une véritable finale.

Au niveau des effets, plusieurs d'entre-eux proviennent de Royal Pyrotechnie, donc les marques Dancing Fireworks, Pirotecnia Zaragozana et Pirotechnia Caballer sont bien représentées dans l'inventaire du spectacle.

Alors que l'été est la saison où il se tire le plus de feux d'artifice, les feux d'hiver sont plus rares. Conséquemment, l'inventaire de pièces disponibles est moins important, et le concepteur doit parfois faire quelques petites concessions pour composer avec les pièces qui sont disponibles dans son entrepôt. Pas Patrick Chandonnet. Il affirme que son processus de conception est identique été comme hiver, c'est-à-dire qu'il ne prépare pas son feu avec les «restes» de l'été précédant, mais bien en prenant pour acquis que les effets qu'il veut utiliser sont disponibles et en faisant des petits ajustements si les pièces s'avèrent finalement être en quantité insuffisante.

Au niveau du système de mise à feu, Feux d'artifice Orion utilise FireOne, qui dispose de modules de mise à feu à 32 sorties («cues») de type à décharge par condensateur. Ce système envoie une impulsion à haute tension, comme dans un flash d'appareil photo, pour enflammer les allumettes électriques. Cependant, ce type de mise à feu est plus susceptible à l'humidité, qui peut causer des dysfonctionnements au moment critique...

Par ailleurs, pour pallier au risque que des retombées sectionnent un des câbles relié à la console de tir, ce qui priverait tous les modules du signal électronique requis pour les déclencher et qui causerait l'interruption pure et simple du spectacle, Patrick Chandonnet a décidé d'alimenter ses modules à l'adresse impaire avec un câble différent de ses modules à l'adresse paire. Ainsi, en cas de panne, seulement la moitié des modules est affectée, et le spectacle peut continuer avec les effets restants.

Bref, malgré le préavis relativement court, Patrick Chandonnet est arrivé aux Quais du Vieux-Port aussi préparé qu'on peut l'être en de pareilles circonstances. Reste à présent à voir ce qui se passera quand tombera la nuit et que la fête commencera !

Photos de la préparation

Groupe d'effets monocoup pour les positions de proximité
Groupe de mortiers de 6 pouces
Groupe de pièces aériennes sur le poste central
Mortiers de 3 et de 4 pouces
Mortiers de 5 pouces
Équipe de Feux d'artifice Orion

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© Simon Turcotte-Langevin, 2017

Licence CC BY-NC

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